Bilan 2009

Après 3 mois au Népal, dont 2 dans le Dolpo, de multiples rencontres au fil des chemins, à pied, à cheval, incluant un séjour prolongé dans le village de Khomas, le projet d’école en sort plus solide que jamais.

Dhalarung Himalayan Primary school

LCDPKhomas013
Une vue d'ensemble avec l'école à droite du shorten (la crête du fond est la frontière avec la Chine)

Dhalarung est le nom de la montagne sacrée de Khomas (chaque village a « sa » montagne, comme Crystal Mountain pour Shey Gomba).

Les bâtiments, construits sur une esplanade exposée sud, devraient pouvoir accueillir, dans un premier temps, 45 enfants pour les 5 premiers niveaux du cursus népalais. L'équipe enseignante se compose de 5 instituteurs dont un payé par le gouvernement. Les méthodes d'enseignement (plutôt par spécialité comme au collège chez nous), la taille des salles de classe imposent ce ratio (environ 1 instituteur pour 9 enfants).
Nous pourrions à l'avenir aussi accueillir les enfants de Nijal et Musigot, 2 villages isolés, sans école. A une journée de marche, l'accueil dans un bâtiment hôtel (pensionnat) devra malgré tout être prévu.
LCDPKhomas012
Les instituteurs avec une partie des enfants

L'équipe pédagogique
L'équipe des instituteurs est soudée et motivée. L'éloignement, la difficulté de toute communication avec l'extérieur, la rudesse de la vie, le froid, l'absence des proches (ils ont presque tous des enfants) sont heureusement compensés par cette bonne entente. Actuellement Saldang possède un téléphone satellite mais est à un jour de marche. Donc pour passer un coup de fil, le tarif c'est 2 jours de marche. Le village devrait posséder son propre téléphone satellite l'année prochaine (aide gouvernemental).

Ils sont hébergés dans la gompa avec un relatif confort (pas de chauffage). Les villageois leur fournissent les basics de l'alimentation népalaise, c'est à dire du riz (bhat), du grain (dal), des pommes de terre.
Krishna, le « cook », a déjà travaillé comme cuisinier en trek et « assure » aux fourneaux en plus d’assurer l’enseignement des sciences pour les plus jeunes.

HareKrishnaKrishnaKunsangSantosh
De gauche à droite :
- HariKrishna : Le directeur, 30 ans, est pour le moment le seul instituteur payé par le gouvernement. Il enseigne le népalais.
- Krishna : (Région de Katmandou) – Cuisinier et professeur de math et de sciences pour les plus jeunes
- Kunsang : (Saldang) – Professeur de tibétain et d'anglais pour les plus jeunes
- Santosh (Région de Pokhara) Professeur d'anglais et de science
et Binod, qui enseigne l’anglais, les maths et les sciences, tout en participant à la gestion du projet (Voir Projets « Ecole de Khomas »)

Bilan de l'année 2009 Le gouvernement a apporté sa contribution avec une aide financière de 5000 Euros (50 000 Rps) pour la construction de 2 classes. Dans un premier temps, le projet subventionnera la construction des 3 autres classes et des sanitaires, l'ensemble du mobilier et des fournitures scolaires ainsi que le salaire des instituteurs « privés » et le complément de salaire des instituteurs gouvernementaux.
Les villageois se sont investis physiquement dans le projet, en préparant après un gros travail de terrassement une esplanade (600 m2) assez grande pour accueillir 6 ou 7 classes et un futur bâtiment dortoir tout en conservant assez d'espace pour la cour centrale. L'ensemble est orienté plein sud. Les sanitaires sont pratiquement achevés.
LCDPKhomas009
Esplanade aménagé par les villageois – Au fond, le premier bâtiment

LCDPKhomas006
Vue de l'esplanade depuis le sud, les sanitaires sont à droite en bas

Deux problèmes compliquent singulièrement la tache. D'une part, l'absence de pierres impose une construction en torchis (terre et paille mélangé). D'autre part, l'éloignement des lieux de coupe du bois nécessite le transport à dos de yack. Les arbres ont déjà été coupé au printemps 2009. Ils sont entreposé vers Murwa (sous le lac Phoksumdo). 6 jours, incluant le passage d'un col à plus de 5000 m, sont nécessaires pour parcourir cette route.
LCDPKhomas007
Une autre vue

L'année scolaire démarre mi avril et se termine fin octobre. Avant et après, il fait trop froid et, de toute façon, les cols sont « fermés » à cause de l'enneigement.
Pour l'année 2009, une partie de la gompa (monastère) s'est transformée en école. Au cours de ces 2 mois passés dans le Dolpo, j'ai eu la chance de rencontrer à 2 reprises, par hasard, Ramakanta sharma, le « District Education Officer » (l'équivalent de l'inspecteur d'académie) pour le Dolpo à qui j'ai pu parler de notre projet.
J'ai eu aussi l'occasion de visiter Crystal Mountain School à Do Tarap, réalisation de l'association Action-Dolpo, avec laquelle je suis en contact. Phurwa, un ancien élève, revenu comme instituteur au village, après des études supérieures à Katmandou, m'a servi de guide. Khedar, le superviseur népalais des projets gérés par Action-Dolpo, rencontré à Katmandou, m'a aussi assuré de la valeur de notre projet, qu'il soutient et il essayera dans la mesure du possible de suivre de son coté aussi la réalisation technique. Une irlandaise, installée au Népal depuis 5 ans et employée par l'ong « Save the children », préparant une étude sur le niveau de formation des instituteurs dans le Dolpo, m'a annoncé qu'elle avait rencontré à Khomas une des équipes les plus motivées, et que les méthodes d'enseignement utilisées lui avaient semblé modernes et adaptées.

Objectifs 2010

  • Fin 2009 ou début 2010, rapatriement du bois, déjà coupé et en attente sous le lac Phoksumdo.
  • Réfection des murs du bâtiment (2 classes) déjà construit mais dont les murs se sont déformés. Le travail est pris en charge bénévolement par les villageois.
  • Construction des 3 classes supplémentaires
  • Couverture des bâtiments et huisserie (portes et fenêtres) – Le charpentier qui a réalisé l'école de Bhijer devrait assurer la maitrise d'ouvrage et la réalisation. De l'avis de tout le monde, c'est un excellent professionnel. Christophe et Angelo ont eu l'occasion de visiter cette école en 2008 et constaté la qualité du travail accompli.
  • Fabrication du mobilier pour 5 classes – Bancs et tables en épicéa
  • Visite en fin d'année pour vérifier l'avancement des travaux
|