Corridor du Wakhan - Afghanistan - Eté 2011
mardi 06 septembre 2011
De retour d'une superbe chevauchée dans le corridor du
Wakhan (NE de l'Afghanistan) à la rencontre du peuple
wakhi et des nomades kirghizes qui plantent leurs
yourtes sur les hauts pâturages du Petit Pamir,
Mariette a replongé dans le courant parfois tumultueux
de la vie, avec la rentrée des classes, Lou suit
chargée à bloc . Quant à moi, je me prépare à repartir
au Népal pour 3 mois.
Mi-juillet, de Douchanbé à Khorog au coeur du Pamir, 18 heures de mauvaise route, avec un chauffeur au regard fou, abruti de fatigue. Khorog est un oasis de fraîcheur après la fournaise de la capitale. Puis Mariette, Lou (6 ans), et moi-même rejoignons Ishkashim (point d'entrée en Afghanistan) en quelques heures. A Ishkashim, donc, une bonne journée de yo-yo administratif où nous rencontrons successivement Wahid Khan, le commandant, puis la police, puis une autre officine, puis à nouveau, le commandant, bref, tout ça pour obtenir autorisation et lettres de recommandation, indispensables pour parcourir le Wakhan afghan.
Encore 2 jours de jeep pour parvenir au bout de la piste à Sarhad. La route est mauvaise, mais l'ambiance est sublime. Sur cette branche, l'Amou Daria (l'oxus des anciens) coule d'abord droit sur une centaine de kilomêtre, la vallée large et plate est semi désertique et sépare 2 des plus grands massifs d'Asie centrale, au sud, l'Indukush culmine à plus de 7000, au nord, le Pamir, culmine à 6500 m avec le pic Karl-Marx.
A Sarhad, nous récupérons les chevaux (Lou monte avec sa maman) et nous rejoignons le petit pamir en 5 jours, par une haute passe (4900 m) dans le pamir. Les rencontres avec les bergers wakhis se multiplient et sont l'occasion d'ingurgiter des litres de yaourt (de yack, le meilleur !), agrémenté de moulte verres de thé et de pain frais.
Maison wakhi à Sarhad
En rejoignant le petit pamir, au fond du corridor du Wakhan, nous changeons de monde, de culture. Les nomades kirghizes qui naviguaient à l'est du Turkestan, ont laissé les bastions les plus avancé vers le sud dans cette immense vallée, parsemée de nappes de verdure, pâturage idéal pour les yacks. A plus de 4000 m, la vie y est rude. Nous sommes accompagné par mon ami Alam Jan Daryo. Wakhi du Pakistan (vallée de la Chapursan). J'y ai passé de nombreux bons moments en été comme en hiver. Zood Khun, son village est le dernier de la vallée et donc le premier rencontré par les kirghizes, qui traverse la frontière à Irshad Pass
Depuis toujours, les kirghizes troquent avec leur voisins wakhi pakistanais yacks, chèvres et chevaux contre tout le reste plus un peu de "superflus". Un yack vaut 25 chèvres (à peu près 1000 euros). En échange, ils récupèrent nourriture (farine, riz, sucre, ...), tissus chinois, électroniques (mobiles utilisés comme baladeurs mp3, lecteur dvd, ...), ...
Les kirghizes ne cultivent rien et ne marchent pas, cavaliers de naissance, ils ne conçoivent de déplacement qu'à cheval. Leur alimentation, très pauvre, se résume à : pain, yaourt, riz, viande. Les hivers sont extrêmement rudes et la mortalité infantile y est une des plus importantes au monde.
Au fond la frontière chinoise, Petit Pamir
Le Petit Pamir, Wakhan.
Alam Jan connaît pratiquement tout le monde et les haltes rencontre se multiplient . Mollement avachis, voire même vautrés sur de moelleux coussins, nous nous incrustons, discrètement, à l'intérieur de ces yourtes, sobres à l'extérieur, exubérantes de couleurs à l'intérieur. Les parois sont tapissées de tapis aux rouges flamboyants, on stocke au fond de la yourte, face à l'entrée et, donc, en direction de la Mecque, le matériel de couchage. Des dizaines de couvertures, rouges, oranges, aux motifs abstrait, tissés de fil doré, sont empilées sur un autre empilement de caisses cadenassées. L'accueil est souvent sobre, parfois plus chaleureux. Le rituel est toujours le même. On nous apporte la "table", c'est à dire une nappe à carreau en toile ciré étalée par terre; puis des galettes de pain, plus ou moins frais, suivi du thé, en général salé. Yaourt à volonté.
Au bilan, de mi-juillet à mi-août, 17 jours de cheval, environ 350 km dans un environnement physique et culturel exceptionnel. Lou, 6 ans et demi, a mieux que supporté ce périple, elle en a profité à fond. Mariette, sa maman,, aussi, évidement. Nous nous sommes immergés le plus à fond possible, nous déplaçant à cheval, partageant l'alimentation des locaux. La météo a été très favorable. Quelques nuages, 2 jours, sinon, ciel bleu et, éventuellement, petits cumulus sur les sommets.
L'idée, déjà développée ailleurs, d'associer une serre avec l'école (quand elle existe), pourrait permettre d'introduire en douceur une évolution du régime alimentaire, en apportant des légumes, riches en vitamines. Le coût matériel d'une serre est relativement modique, le problème est de bien l'utiliser et de trouver un mode de fonctionnement orienté vers la collectivité. Une serre gérée par l'école serait aussi un outil pédagogique très intéressant. La transmission du savoir, se faisant alors des enfants vers les parents, l'idée étant qu'à terme chaque famille s'organise pour construire et gérer sa propre serre.
Le chant des Pistes prépare donc un voyage, comparable à celui que nous avons réalisé, l'été 2011. Nos relais locaux sont solides et permettent d'envisager cette organisation sereinement. L'accès se ferait par le Tadjikistan. L'entrée à Ishkashim ne pose pas de problème. Le corridor de Wakhan est toujours resté à l'écart des attaques de moudjahidin ou de talibans. Il est donc parfaitement sur. La topographie du Petit Pamir se prête particulièrement à la randonnée équestre.
Femmes Kirghizes, Petit Pamir
Voir un diaporama
Mi-juillet, de Douchanbé à Khorog au coeur du Pamir, 18 heures de mauvaise route, avec un chauffeur au regard fou, abruti de fatigue. Khorog est un oasis de fraîcheur après la fournaise de la capitale. Puis Mariette, Lou (6 ans), et moi-même rejoignons Ishkashim (point d'entrée en Afghanistan) en quelques heures. A Ishkashim, donc, une bonne journée de yo-yo administratif où nous rencontrons successivement Wahid Khan, le commandant, puis la police, puis une autre officine, puis à nouveau, le commandant, bref, tout ça pour obtenir autorisation et lettres de recommandation, indispensables pour parcourir le Wakhan afghan.
Encore 2 jours de jeep pour parvenir au bout de la piste à Sarhad. La route est mauvaise, mais l'ambiance est sublime. Sur cette branche, l'Amou Daria (l'oxus des anciens) coule d'abord droit sur une centaine de kilomêtre, la vallée large et plate est semi désertique et sépare 2 des plus grands massifs d'Asie centrale, au sud, l'Indukush culmine à plus de 7000, au nord, le Pamir, culmine à 6500 m avec le pic Karl-Marx.
A Sarhad, nous récupérons les chevaux (Lou monte avec sa maman) et nous rejoignons le petit pamir en 5 jours, par une haute passe (4900 m) dans le pamir. Les rencontres avec les bergers wakhis se multiplient et sont l'occasion d'ingurgiter des litres de yaourt (de yack, le meilleur !), agrémenté de moulte verres de thé et de pain frais.
Maison wakhi à Sarhad
En rejoignant le petit pamir, au fond du corridor du Wakhan, nous changeons de monde, de culture. Les nomades kirghizes qui naviguaient à l'est du Turkestan, ont laissé les bastions les plus avancé vers le sud dans cette immense vallée, parsemée de nappes de verdure, pâturage idéal pour les yacks. A plus de 4000 m, la vie y est rude. Nous sommes accompagné par mon ami Alam Jan Daryo. Wakhi du Pakistan (vallée de la Chapursan). J'y ai passé de nombreux bons moments en été comme en hiver. Zood Khun, son village est le dernier de la vallée et donc le premier rencontré par les kirghizes, qui traverse la frontière à Irshad Pass
Depuis toujours, les kirghizes troquent avec leur voisins wakhi pakistanais yacks, chèvres et chevaux contre tout le reste plus un peu de "superflus". Un yack vaut 25 chèvres (à peu près 1000 euros). En échange, ils récupèrent nourriture (farine, riz, sucre, ...), tissus chinois, électroniques (mobiles utilisés comme baladeurs mp3, lecteur dvd, ...), ...
Les kirghizes ne cultivent rien et ne marchent pas, cavaliers de naissance, ils ne conçoivent de déplacement qu'à cheval. Leur alimentation, très pauvre, se résume à : pain, yaourt, riz, viande. Les hivers sont extrêmement rudes et la mortalité infantile y est une des plus importantes au monde.
Au fond la frontière chinoise, Petit Pamir
Le Petit Pamir, Wakhan.
Alam Jan connaît pratiquement tout le monde et les haltes rencontre se multiplient . Mollement avachis, voire même vautrés sur de moelleux coussins, nous nous incrustons, discrètement, à l'intérieur de ces yourtes, sobres à l'extérieur, exubérantes de couleurs à l'intérieur. Les parois sont tapissées de tapis aux rouges flamboyants, on stocke au fond de la yourte, face à l'entrée et, donc, en direction de la Mecque, le matériel de couchage. Des dizaines de couvertures, rouges, oranges, aux motifs abstrait, tissés de fil doré, sont empilées sur un autre empilement de caisses cadenassées. L'accueil est souvent sobre, parfois plus chaleureux. Le rituel est toujours le même. On nous apporte la "table", c'est à dire une nappe à carreau en toile ciré étalée par terre; puis des galettes de pain, plus ou moins frais, suivi du thé, en général salé. Yaourt à volonté.
Au bilan, de mi-juillet à mi-août, 17 jours de cheval, environ 350 km dans un environnement physique et culturel exceptionnel. Lou, 6 ans et demi, a mieux que supporté ce périple, elle en a profité à fond. Mariette, sa maman,, aussi, évidement. Nous nous sommes immergés le plus à fond possible, nous déplaçant à cheval, partageant l'alimentation des locaux. La météo a été très favorable. Quelques nuages, 2 jours, sinon, ciel bleu et, éventuellement, petits cumulus sur les sommets.
L'idée, déjà développée ailleurs, d'associer une serre avec l'école (quand elle existe), pourrait permettre d'introduire en douceur une évolution du régime alimentaire, en apportant des légumes, riches en vitamines. Le coût matériel d'une serre est relativement modique, le problème est de bien l'utiliser et de trouver un mode de fonctionnement orienté vers la collectivité. Une serre gérée par l'école serait aussi un outil pédagogique très intéressant. La transmission du savoir, se faisant alors des enfants vers les parents, l'idée étant qu'à terme chaque famille s'organise pour construire et gérer sa propre serre.
Le chant des Pistes prépare donc un voyage, comparable à celui que nous avons réalisé, l'été 2011. Nos relais locaux sont solides et permettent d'envisager cette organisation sereinement. L'accès se ferait par le Tadjikistan. L'entrée à Ishkashim ne pose pas de problème. Le corridor de Wakhan est toujours resté à l'écart des attaques de moudjahidin ou de talibans. Il est donc parfaitement sur. La topographie du Petit Pamir se prête particulièrement à la randonnée équestre.
Femmes Kirghizes, Petit Pamir
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